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LA "RETIRADA"

LA "RETIRADA"
Ils étaient parmis eux...

mardi 15 janvier 2008

ANGOULEME LE 19 janvier

LA TRAGEDIE DES RÉPUBLICAINS ESPAGNOLS DÉPORTÉS EN ALLEMAGNE
Le
A LA MEMOIRE DES REPUBLICAINS ESPAGNOLS DU "CONVOI DES 927"
Samedi 19 janvier 2008 à 10h30, nous procèderons, avec l’autorisation et la participation de la Mairie d’Angoulême, à l’inauguration d’une stèle en granit du Tarn de 1,60 m de haut, 1 m de large, de forme plate sur le devant et brute sur la partie arrière.
Cette stèle sera implantée à un endroit symbolique : la gare d’Angoulême.
L’emplacement exact se situera à l’avenue Gambetta, grande artère très passante et qui est le passage obligé des personnes qui arrivent du nord d’Angoulême, pour atteindre le centre ville.
L’inauguration aura lieu en présence des autorités politiques du département et de la région. Sont invités :
Le préfet, le maire d’Angoulême, la présidente de la Région, le président du conseil général, le président de la communauté de communes COMAGA, les députés, les associations de déportés et des anciens combattants etc…..
Egalement invités, les autorités espagnoles, le chef du gouvernement, M. José Luis Rodriguez Zapatero, l’Ambassadeur d’Espagne à Paris, le Consul de Bordeaux, les présidents de régions espagnoles…
Nous espérons la venue de survivants de ce convoi.
Nous pensons faire une petite fête après l’inauguration en présence des adhérents de l’association et de nos anciens.
Nous pouvons imaginer, également, de refaire une séance de cinéma et débat avec le film de Montse Armengou « El convoy de los 927 »
Par contre, notre association, qui finance toute seule la mise en place de cette stèle et ses frais y afférent, n’a hélas pas les moyens de financer les déplacements et les hébergements des éventuels visiteurs.
Signé : APFEEF Asociacion de los Españoles de Angulema

TEXTO DE LA ESTELA (texte de la stèle)

EL 20 DE AGOSTO DE 1940, SALIO DE ESTA ESTACION DE ANGULEMA
HACIA EL CAMPO DE EXTERMINIO DE MAUTHAUSEN,


EL PRIMER TREN DE DEPORTADOS DE LA SEGUNDA GUERRA MUNDIAL.

EN EL IBAN 927 RÉPUBLICANOS ESPAñOLES.

LA MAYORIA SERAN EXTERMINADOS

UN VERDADERO CRIMEN CONTRA LA HUMANIDAD

NO OLVIDEMOS

1940 !a
Inauguration d'une stèle le 19 janvier 2008 :

Tous les passagers étaient des républicains espagnols, aucun n'était juif.
Ce fut le premier train de civils envoyés dans les camps nazis.

Le convoi des 927

Le long périple qui amena Jesús Tello à abattre la statue d'aigle qui surmontait, menaçante, la porte d'entrée du camp de concentration de Mauthausen, a pour point de départ la ville française d'Angoulême. C'est d'ici que partit un convoi de 927 espagnols. Il s'agissait de familles entières, civils réfugiés en France pour échapper à Franco. Ce furent eux qui inaugurèrent, le 20 août 1940, les trains de la mort vers un camp de concentration nazi. On associe presque automatiquement ces trains à l'holocauste des juifs. Pourtant, en Europe occidentale, ce sont les républicains espagnols qui ont le triste honneur d'en être les premiers voyageurs.

Or, en Espagne, aucun monument n'honore cette mémoire et la conscience d'avoir eu ce macabre privilège historique. Voici donc cette histoire, alors qu'on célèbre le 60e anniversaire de la fin de la 2e Guerre Mondiale et la Libération des camps d'extermination.

Jesus Tello et sa famille, comme beaucoup d'autres fuyant la chute de la République, franchirent la frontière française et arrivèrent à Angoulême. À la déception due au mauvais accueil rencontré en France - les Espagnols étaient considérés comme des rouges indésirables - s'ajoutait la crainte consécutive à l'invasion nazie. Angoulême se trouvait en zone occupée, sous l'autorité du gouvernement collaborateur de Vichy. "Un beau jour, les allemands ont encerclé le domaine des Alliers, où nous étions réfugiés, et ils nous ont mis dans un train", se souvient Tello. 927 Espagnols, des familles entières, femmes, enfants, personnes, population civile incontestablement réfugiée, sont mis dans ce train. Aucune explication, seulement des rumeurs. Certaines pensent qu'on va les conduire en zone libre, d'autres en Russie. Mais tous ont peur : les renvoie-t-on en Espagne, où la justice de Franco les attend avec au bout la prison ou la fusillade ?

Par les étroites fentes du train où on les a jetés comme des animaux, quasiment sans eau ni nourriture, ils réalisent qu'on les dirige vers le nord. "Dès le même moment où ils t'enfermaient dans le wagon du train, tu perdais ton identité, tu n'étais déjà plus libre. Ils faisaient de toi ce qu'ils voulaient, tu n'avais plus de nom, tu étais devenu un numéro ". Et le 24 août, après quatre jours d'un voyage épuisant, le train s'arrête en gare d'un bourg qui s'appelle Mauthausen. Le nom ne dit rien à personne. Nous sommes seulement en 1940, la renommée de ce qui sera considéré comme un des camps les plus cruels du système de concentration et d'extermination nazi était encore inconnue.

Aujourd'hui encore, Tello se souvient du bruit des serrures et des portes des wagons qui s'ouvraient. Et puis les cris, ceux des SS et les aboiements de leurs chiens. "Ils allaient de wagon en wagon demander : wie alt, wie alt, ce qui veut dire : quel âge as-tu ?. A celui qui avait plus de 10 ans ils disaient, raus, raus, et ils nous sortaient du train. Tu ne pouvais même pas dire adieu à ta famille ".

Les scènes qui se produisent dans cette gare sont terribles. Femmes accrochées à leurs maris, à leurs enfants, brutalement séparés. Aucune supplique n'est écoutée. 470 personnes, hommes et presqu'enfants, prennent le chemin de leur propre tragédie. En quelques heures ils sont dévêtus, puis douchés, on leur rase la tête, on leur donne un habit rayé, un numéro - celui de Tello était le 384142- avec un triangle bleu avec un grand S signifiant "spaniers" (ce triangle bleu identifiait les apatrides), ceux qui ont été vendus par le régime de Franco et son ineffable ministre des Affaires Etrangères, Ramón Serrano Súñer. Ce dernier avait dit à Hitler qu'il pouvait faire ce qu'il voulait de ces rouges, la nouvelle Patrie ne les considèrant pas comme étant Espagnols. Les dés étaient jetés : la carrière de Mauthausen a grand besoin d'esclaves pour la construction de ce camp et de bien d'autres.

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