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LA "RETIRADA"

LA "RETIRADA"
Ils étaient parmis eux...

mercredi 16 janvier 2008

LES CAMPS

L'EXIL 1939


Le gouvernement français, par négligence, n'a pas préparé l'exil des républicains espagnols. La
frontière reste fermé à l'armée républicaine poursuivie par les franquistes. Sous la pression de l'opinion publique internationale, Daladier donne l'ordre de passage le 5 février 1939.

Environ cinq cent mille personnes ont franchi la frontière : deux cent soixante-quinze mille sont internées dans des camps improvisés, aménagés par les prisonniers eux-mêmes. Le premier de ces camps c'est Argelès. Sur la plage même, les républicains sont parqués. Le camp est entouré de barbelés. Il est gardé par des troupes coloniales, marocains et sénégalais, et par des gardes mobiles. L'établissement de deux autres camps à proximité suit : Saint-Cyprien et Barcarès. Pas de baraquement, de latrines, de cuisine, d'infirmerie ni même d'électricité. Partout la dysenterie sévit. Les malades et les blessés encombrent très vite les hôpitaux du Midi. A Argelès et Saint-Cyprien, on détient cent quatre-vingt mille hommes et femmes. Au Barcarès, on en incarcère soixante-dix mille. Ces camps se multiplient, et il faut y adjoindre ceux de Bram et de Gurs, l'un des derniers aménagés où « séjournèrent », comme l'indique une plaque apposée à l'entrée, « 23 000 combattants espagnols, 7 000 volontaires des Brigades internationales, 120 patriotes et résistants français, 12 860 juifs immigrés internés en mai-juin 1940, 6 500 juifs allemands du pays de Bade, 12 000 juifs arrêtés sur le sol de France par Vichy ». Ces premiers camps pour les républicains espagnols vont en effet servir pour le gouvernement de Vichy, on y enfermera les résistants, les juifs, les gitans...: notamment Rivesaltes, Gurs. Chaque jour, des gendarmes invitent les prisonniers espagnols à retourner chez eux ou à s'engager dans la Légion étrangère. Les plus chanceux, car on a faim dans les camps, servent de main-d’œuvre aux paysans de la région. Viennent ensuite les compagnies de travail obligatoire, puis après juin 1940 Vichy les cède aux allemands qui ont besoin de travailleurs. On en déporte une partie en Allemagne, vers des camps d'une autre nature, vers l'holocauste : Dachau, Buchenwald et Mathausen, où six mille sept cents Espagnols périrent. À la déclaration de la guerre, de nombreux Espagnols, qui ont encore le goût amer de la défaite en Espagne, s'engagent dans les Régiments de Marche des Volontaires Étrangers ou la Légion Etrangère.

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