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LA "RETIRADA"

LA "RETIRADA"
Ils étaient parmis eux...

mercredi 9 avril 2008

CONVOI DES 927: Ne les oublions pas!




Témoignages: 20 août 1940 Des hommes, des femmes, des enfants et des vieillards. Tous des réfugiés républicains espagnols. Ils sont embarqués dans un train en gare d'Angoulême destination la zone libre. Le 24 août, premier arrêt: MAUTHAUSEN.

Nous publions un exposé fait par le Président du Cercle Català de Marseille, venant complèter une projection le samedi 19 avril à 16h cité des Associations 93, la Canebière.

Les oubliés
de la Déportation
C'était le mois d'août 1940. Un journal d'Angoulême ville de la zone française occupé par les allemands, écrivait: "...maudits ces espagnols rouges, qui ont la peau comme l'âme..."Le courageux anonyme signait: "Le tout passant " (1).
Dans cette ville, en plus des réfugies civils arrivés au commencement février 1939 -surtout des femmes, des enfants et des vieillards- arrivaient petit à petit des dizaines de soldats de l'armée Républicaine Espagnole; certains venaient des "compagnies de travailleurs espagnols" crées et envoyées à la frontière franco-allemande pour creuser des tranchées et bâtir des fortifications, les autres arrivaient des unités combattantes françaises en pleine défaite. L'incertitude, le manque d'information sur ce que les attendait, maintenaient apeurés les centaines d'espagnols réfugies à Angoulême

Ainsi arrive le 20 août 1940. Ils ont tout juste le temps de ramasser les quelques affaires qu'ils possèdent. Très tôt, le matin, ils sont conduits à la gare. Les responsables français leur disent qu'ils vont être conduits dans le sud, en zone libre. Ceux de la Kommandantur disent tout ignorer de l'opération. C'est la Wehrmacht qui surveille l'embarquement. C'est la Wehrmacht qui prendra le contrôle du voyage.

Quatre jours plus tard, après un voyage effrayant, le train s'arrête dans une petite gare: "Mauthausen" Là commence le tri. Les hommes et les grands enfants -certains n'avaient pas 13 ans- d'un côté. Les femmes et les plus petits, de l'autre.

Montserrat Roig (1) l'écrivain catalane, malheureusement décédée trop jeune, nous décrit, entre autres, le drame d'une de ces familles. La famille Cortes, du Prat de Llobregat, prés de Barcelone. Le père, la mère et les sept enfants qui ont réussi, malgré les difficultés de la guerre et de l'exode, à se retrouver. Le fils aîné a perdu une jambe pendant les combats de l'Ebro. Lui, le père et deux autres fils, Jacinthe et Manuel, sont séparés, comme les autres, de leur famille. Un des plus petits, Ange, veut aller avec son père. La mère peut le rattraper de justesse.

Les femmes et les enfants sont embarqués, à nouveau dans le train, laissant les hommes et les jeunes à Mauthausen. En ce 24 août 1940, sur le registre d'entrées, on trouve 420 entrées recensées. Tous citoyens de l'état espagnol. Le train continuera sa marche sinistre. Plus loin il s'arrêtera, pendant trois jours, devant un autre camp et ce seront les détenues de ce camp, qui porteront un peu de nourriture et d'eau à tous ces malheureux enfermés dans ce convoi immobilisé, que les allemands ont transformé en prison.

Un nouvel ordre arrive. Les femmes et les enfants vont retourner à leur point de départ. C'est ce qu'on leur dit. Le train, lentement démarre et, cinq jours plus tard, le 1er. septembre 1940, arrive à FUENTERRABIA, à la frontière franco-espagnole ou les attend la Guardia Civil. (2)

Seront comptabilisés 442 femmes et enfants. Personne ne pourra expliquer combien de ces voyageurs forcés sont morts durant les 12 jours que dura ce voyage horrible à travers l'Europe. Ils manquaient de tout. Ceux qui arrivent vivants en Espagne sont enfermés au stade d'IRUN transformé en camp de concentration par les franquistes. Après une première sélection, la famille Cortes sera envoyée à Barcelone où elle fera un long séjour au Palais des Missions. Un nom évocateur pour ce qui n'est autre chose qu'une terrible prison.

Concernant les hommes de la famille Cortes, le père est mort à Mauthausen en août 1941. Le fils aîné est mort gazé, un mois plus tard. Seuls de cet enfer sont revenus, en vie, Jacinthe et Manuel (4).

De ce convoi de Républicains espagnols déportés, un tri fut fait. Les plus jeunes, certains n'avaient pas 13 ans, sont allés travailler dans une carrière, propriété d'un marchand d'esclaves appelé: Poschacher.

Cette année, que s'accomplissent les 50 ans de la libération des camps de la mort et de la fin de la deuxième guerre mondiale, il y a une question qui n'a pas encore reçu de réponse:

QUI A DONNE L'ORDRE DE DEPORTER LES REFUGIÉS ESPAGNOLS D'ANGOULEME?

Le gouvernement du Général Franco -tous les ministres confondus- aurait demandé aux autorités allemandes l'extermination des combattants de la République Espagnole rescapés vivants des fronts de combat d'Espagne et, en même temps, pouvoir récupérer leurs femmes et leurs enfants?

Est-ce que furent les autorités allemandes qui prirent cette décision?

Il y aurait eu des responsables français qui, pour plaire à leurs nouveaux maîtres, leur auraient indiqué par qui ils devaient commencer les déportations?

La loi N°.79 du 3 janvier 1979 qui fait référence à la non communication de certaines archives concernant cette période, laisse, pour le moment, ces questions sans réponse (3)

De toutes façons il y a une vérité: IL Y A EU CRIME CONTRE L'HUMANITE.!

QUI FURENT LES CRIMINELS?

Francesc Panyella i Farreras

(1) Montserrat Roig "Els catalans als camps nazis". Edicions 62. Barcelone 1977.
(2) Pierre Marqués "Les enfants espagnols réfugiés en France". (1936-1939) Paris 1993.
(3) Loi en vigueur en France.
(4) Le 10/05/1998,Jacinthe résidait à Perpignan et son frère Manuel à Gijon (Asturies)

P.S.-Dans le but de faire connaître ces faits, en occasion du 50èmè anniversaire de la libération des camps de la mort j'ai envoyé cet article à "La Marseillaise". Il ne fut pas publié. Pendant le procès Papon, ce même article fut envoyé à "Libération", Le Canard Enchaîne", La Marseillaise" et "La Provence". Silence total. En avril 1998, fut envoyé à "El País" (Madrid). Là, au moins j'ai reçu une réponse: " ...pour des raisons d'espace et d'opportunité, le Conseil de Lecture du journal a mésestimé sa publication...". En juillet/août 1998 fut envoyé à "La Vanguardia" et "El Periódico" de Barcelone, en février 1999 à " AVUI" de Barcelone aussi. Silence. L'article a été publié en mai 1999 par le périodique "treball" d'Iniciativa per Catalunya/Els Verts. Enfin il a été publié par le journal « La Marseillaise » (édition de Martigues) en 2006. En janvier 2008, soixante huit ans après, une stèle à leur mémoire a été érigée près de la gare d’Angoulême.

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