A tous les enfants et petits enfants des combattants de l'armée de la République Espagnole,et des forces antifacistes:
Guerilléros,
Brigadistas,
Socialistes,
Communistes,
Anarchistes de la FAI,
Membres du POUM,
Syndicalistes de la CNT
Francs Maçons,
réfugiés de tous
âges, et à tous ceux qui ont combattu pour la Liberté durant la Guerre Civile d' ESPAGNE de 1936, ce blog vous est ouvert pour raconter ou découvrir
LA MÉMOIRE DE NOS PÈRES.


Pour éditer vos documents et témoignages dans ce blog écrivez à l'adresse email ci-dessous, vous pouvez aussi répondre directement dans la rubrique commentaires en fin d'article:
vrann.dansief@gmail.com

LA "RETIRADA"

LA "RETIRADA"
Ils étaient parmis eux...

jeudi 31 janvier 2008

ET SI ROBERT CAPA N'AVAIT PAS ETE LÀ ?

DISPONIBLE SUR amazon.fr

lundi 28 janvier 2008

ANTONIO MACHADO hommage à Fédérico Garcia Lorca


El crimen fue en Granada

I EL CRIMEN

Se le vio, caminando entre fusiles,
por una calle larga,
salir al campo frío,
aún con estrellas, de la madrugada.
Mataron a Federico
cuando la luz asomaba.
El pelotón de verdugos
no osó mirarle la cara.
Todos cerraron los ojos;
rezaron: ¡ni Dios te salva!
Muerto cayó Federico.
-sangre en la frente y plomo en las entrañas-.
...Que fue en Granada el crimen
sabed -¡pobre Granada!-, en su Granada...

II EL POETA Y LA MUERTE

Se le vio caminar solo con Ella,
sin miedo a su guadaña.
Ya el sol en torre y torre; los martillos
en yunque - yunque y yunque de las fraguas.
Hablaba Federico,
requebrando a la muerte. Ella escuchaba.
"Porque ayer en mi verso, compañera,
sonaba el golpe de tus secas palmas,
y diste el hielo a mi cantar, y el filo
a mi tragedia de tu hoz de plata,
te cantaré la carne que no tienes,
los ojos que te faltan,
tus cabellos que el viento sacudía,
los rojos labios donde te besaban...
Hoy como ayer, gitana, muerte mía,
qué bien contigo a solas,
por estos aires de Granada, ¡mi Granada!"

III
Se le vio caminar..
Labrad, amigos,
de piedra y sueño, en el Alhambra,
un túmulo al poeta,
sobre una fuente donde llore el agua,
y eternamente diga:
el crimen fue en Granada, ¡en su Granada!

jeudi 24 janvier 2008

TRIANGLE BLEU


Entrée du camp de MAUTHAUSEN


Ces Espagnols que la France avait livrés à Hitler...
Ils portaient le triangle bleu...
Parmi les déportés du camp de Mauthausen libérés en mai 1945 par les soldats américains se trouvaient 2000 Espagnols, derniers survivants des 7300 combattants républicains réfugiés en France et que Vichy avait abandonnés aux nazis

Le 5 mai 1945, dans la matinée, les premiers détachements de la 11e division blindée américaine (armée Patton) pénètrent dans Linz, sur le Danube autrichien. Vers midi, une patrouille de deux véhicules blindés se présente à l'entrée du camp de concentration de Mauthausen, déserté par les gardiens SS. L'approche de cette patrouille suscite une intense effervescence à l'intérieur du camp. Pleurant de joie, criant et hurlant, les détenus encore valides sortent des blocks, envahissent la place d'appel, grimpent sur les toits et les miradors. Un drapeau aux couleurs de la République espagnole est hissé au grand mat. Une immense banderole est déployée sur le fronton du portail par des déportés portant sur leur chemise rayée un triangle bleu frappé de la lettre S, pour Spanier (Espagnol). «Los Españoles antifascistas saludan a las fuerzas liberadoras», lit-on sur cette bande de toile.
Pourquoi ce triangle bleu porté par ces Espagnols alors que la plupart des autres déportés arborent des triangles rouges réservés aux politiques et aux résistants? Pourquoi cette inscription en castillan? Pourquoi ce drapeau républicain espagnol?
Dès la fin du printemps 1939, le gouvernement français, en quête de main-d'œuvre, recrute des réfugiés espagnols dans les camps où ils avaient été internés après la Retirada (1). Il met ces compagnies de travailleurs étrangers (CTE) à la disposition des armées. Fin avril 1940, 55000 ex-miliciens sont intégrés dans ces unités. Ils se retrouvent dans la zone des combats, de Dunkerque à Belfort, affectés à des travaux de fortification. Lors de l'avancée des troupes allemandes au printemps 1940, plus de 10000 sont faits prisonniers et dirigés dans des stalags, en France ou en Allemagne.



Initialement, dans ces camps de prisonniers, les Espagnols sont mélangés avec leurs camarades français. Mais, en tant qu'antifascistes ressortissant d'une puissance amie du Reich, les Allemands les considèrent comme des ennemis politiques. Passibles de ce fait d'un traitement spécial, on les sépare des Français (2). La Gestapo, après des interrogatoires parfois brutaux, prend la décision de déporter ces «Rouges espagnols» en camp de concentration.
Le camp choisi est Mauthausen, Vernichtungslager, «camp d'extermination» réservé aux détenus jugés irrécupérables. Le 6 août 1940, moins de six semaines après la signature de l'armistice, le premier convoi de déportés arrive dans ce camp en provenance du Stalag VII-A de Moosburg. Il amène 398 Espagnols, anciens de différentes CTE. Immatriculés, ils reçoivent non pas le triangle rouge des déportés politiques mais un triangle bleu, celui des apatrides, n'étant pas reconnus comme ressortissants par le gouvernement espagnol. Ce sont les premiers des 7300 combattants républicains qui, de 1940 à 1945, seront déportés dans le camp central ou dans ses Kommandos satellites, dont le sinistre Gusen.
D'août 1940 à décembre 1941, avant l'arrivée des déportés politiques et résistants, 63 convois suivront, transportant 95% du total des déportés espagnols. Ils proviennent tous des stalags d'Allemagne et de France, sauf un, qui arrive du camp de réfugiés des Alliers, près d'Angoulême. Dans ce centre d'internement, 927 hommes, femmes et enfants sont embarqués le 20 août par les Allemands en direction de Mauthausen, où ils arriveront le 24. C'est le premier convoi de déportés civils en provenance de l'Europe de l'Ouest. Les SS font descendre des wagons 470 hommes et adolescents de plus de 13 ans. Les femmes et les enfants sont refoulés… vers l'Espagne. Une cinquantaine seulement de ces hommes survivront.
A Mauthausen, tout était organisé pour qu'il n'y ait pas de survivants. A l'arrivée, le commandant du camp accueillait les déportés par ces mots: «Vous qui avez franchi cette porte, perdez tout espoir de sortir d'ici. Votre sortie se fera par là», disait-il en montrant la fumée qui se dégageait de la cheminée du four crématoire. Sur les 7300 Espagnols déportés, seuls 2000 survécurent (3): une mortalité de 70%, un des taux les plus élevés des victimes de la déportation.
En cette année du soixantième anniversaire de la libération des camps, ces Espagnols, abandonnés de tous, méritent enfin d'être sortis de l'oubli; eux qui, surtout dans les prémices de la Seconde Guerre mondiale, furent les premiers à se dresser contre le fascisme.
Michel Roquejeoffre

(1) Fin janvier-début février 1939, 453000 Espagnols, dont 270000 militaires, franchissent les Pyrénées, fuyant la guerre civile, à la recherche d'un refuge en France. Ils sont «hébergés» dans des camps, principalement dans le Sud-Ouest et le Roussillon.
(2) Le gouvernement de Vichy ne demanda pas pour eux l'application des lois de la guerre.
(3) Le 26 août 1940, Jose Marfil-Esalona fut le premier des 5300 morts. Ses camarades observèrent une minute de silence devant les SS stupéfaits.

Michel Roquejeoffre
Le Nouvel Observateur

mercredi 23 janvier 2008

UNE STELE A ANGOULÊME A LA MEMOIRE DE REPUBLICAINS ESPAGNOLS DEPORTES cérémonie du 19 janvier

Drapeaux de la République Espagnole de 1932 face à la gare.La stelle voilée

Burriné dans le marbre, le message inscrit s'ouvre enfin à tous...
Derniers survivants Jesùs Tello, 81 ans, et José Alcubierre, 83 ans, rescapés de la tragédie.
Merci à Jean Patrick pour son reportage photo (complet auprès de wrann.dansief@gmail.com) et de sa participation sur le blog: http://foudurail.hostonet.org/

lundi 21 janvier 2008

« ON EST SORTI DE L'OUBLI »

HISTOIRE. --Le 20 août 1940, un convoi de 927 réfugiés espagnols quitte Angoulême pour Mauthausen, en Autriche. Le premier train vers un camp de concentration nazi.

«Un jour, on nous a dit que les Allemands voulaient nous emmener en Hollande. Ma mère s'apprêtait à y aller. J'ai échappé de peu au camp de Mauthausen. » Jean Paredes se souvient précisément de ce moment d'août 1940, où les Allemands sont venus chercher 927 Espagnols, réfugiés en France après la victoire du général Franco en Espagne.
À l'époque, sa mère travaille dans un restaurant. Son employeur la met alors en garde sur ce convoi mystérieux. « Je vois encore les gens descendre l'avenue Gambetta en direction de la gare d'Angoulême. J'étais peiné de voir que mes copains allaient vivre une aventure et que moi je restais. Je les ai accompagnés jusqu'à la gare, et je les ai vus embarquer, avec leurs colis », raconte Jean Paredes debout devant la stèle qui, placée près de la gare, représente la mémoire des 927 réfugiés espagnols partis pour Mauthausen. Ce samedi matin, dans le vent froid, ils sont nombreux, toutes générations confondues à se remémorer ce drame de l'histoire.


Triangle des apatrides. Ce train qui partit d'Angoulême le 20 août 1940 fut le premier train en partance pour les camps de concentration nazis, préfigurant les atrocités de l'Holocauste. Après quatre jours et quatre nuits dans des wagons à bestiaux, les 927 déportés espagnols arrivent dans la ville autrichienne de Mauthausen. José Alcubierre, âgé aujourd'hui de 83 ans et rescapé de Mauthausen raconte. « J'ai demandé à mon père où on était. Mais on ne savait pas. On est resté plusieurs heures dans les wagons. Et puis, ils ont ouvert les portes, et on a vu des SS. Les femmes et les enfants sont restés dans le train et on les a renvoyés à Franco. Nous, les hommes, ils nous ont donné tout de suite le triangle bleu à accrocher sur nos habits, le triangle des apatrides. »
Apatrides : c'est comme ça que Franco considérait ces Républicains qui quittèrent l'Espagne à la fin de la guerre civile en 1939. Ils furent environ 500 000 à fuir le régime et à se réfugier dans le sud-ouest de la France. Beaucoup ont atterri en Poitou-Charentes. Moins d'un an après, l'armée allemande envahit la France. Le régime nazi, allié de Franco et alors seul maître à bord du vaisseau France, décide de déporter les réfugiés espagnols. Le camp de Mauthausen, situé sur une immense carrière de granit, employait les déportés et les exterminait par le travail.
« C'est d'ici que nous sommes partis, de cette gare d'Angoulême, témoigne Jesus Tello, un autre rescapé. J'entends encore le cri des hommes et des chiens entre les wagons tandis qu'ils séparaient les enfants de plus de 10 ans et les hommes des femmes et des petits. Ensuite nous n'étions plus rien, juste un numéro? le mien était 3841. »
José Alcubierre, Jesus Tello et d'autres espagnols arrivés avec eux au camp sont affectés au kommando Poschacher. Ils sont chaque jour envoyés dans une carrière située à l'extérieur du camp. Francisco Boix, un autre détenu espagnol et photographe de profession, rejoint à partir de 1942 le service de l'identification du camp et est ainsi amené à réaliser des clichés de celui-ci.
Au péril de leur vie, les jeunes Espagnols qui travaillent à l'extérieur du camp réussissent à extraire les photos d'archives SS de Mauthausen et à les confier à une Autrichienne qui les dissimule chez elle jusqu'à la Libération. Les précieuses photos ont plus tard servi de preuve au procès de Nuremberg.


Un long silence. Sur les 927 Espagnols du convoi, 73 sont revenus. Les femmes et les enfants envoyés à Franco n'ont jamais été retrouvés.
José Alcubierre a mis longtemps à parler de Mauthausen. « Les gens savaient que j'étais parti. Mais personne ne savait ce que j'avais vécu, même pas ma femme et mes enfants », explique José. Avec le temps, les langues se sont déliées. José Alcubierre est même retourné trois fois à Mauthausen. La dernière fois, il y accompagnait un groupe de jeunes élèves barcelonais.
L'association des Espagnols de Charente, avec à sa tête, Gregorio Lazaro, a longtemps ?uvré pour que ce drame ne tombe pas dans l'oubli. « Nos anciens avaient tellement souffert qu'ils ne voulaient pas en parler, mais nous voulions qu'au contraire, les générations de maintenant connaissent ce terrible passé afin que cela ne se reproduise pas. »
Dotés d'une volonté de fer, les membres de l'association (140 au total) motivés ont réussi l'exploit pour cette grande communauté espagnole charentaise : ériger une stèle en souvenir des 927. Devant les officiels de la ville, de la Région et du Département mais aussi de la Généralité catalane, ils ont levé le voile du souvenir.
« J'ai vécu longtemps dans le monde associatif, confie Jean Paredes, mais cette association a fait un travail extraordinaire. C'est une journée triste, mais elle nous permet aussi d'être un peu soulagés. Nous sommes les derniers, si l'association n'avait pas réussi ce coup, notre histoire serait tombée dans l'oubli. »

Marie Reignier, Emmanuelle Chiron Journal SUD OUEST du 21 janvier 2007

mercredi 16 janvier 2008

UN SITE A VISITER

www.exiliados.org

NACIONALIDAD ESPAÑOLA DE LOS DECENDIENTES DEL EXILIO

10 décembre 2007

« Las Cortes Generales aprueban definitivamente la ley de Memoria Histórica »

LES CAMPS

L'EXIL 1939


Le gouvernement français, par négligence, n'a pas préparé l'exil des républicains espagnols. La
frontière reste fermé à l'armée républicaine poursuivie par les franquistes. Sous la pression de l'opinion publique internationale, Daladier donne l'ordre de passage le 5 février 1939.

Environ cinq cent mille personnes ont franchi la frontière : deux cent soixante-quinze mille sont internées dans des camps improvisés, aménagés par les prisonniers eux-mêmes. Le premier de ces camps c'est Argelès. Sur la plage même, les républicains sont parqués. Le camp est entouré de barbelés. Il est gardé par des troupes coloniales, marocains et sénégalais, et par des gardes mobiles. L'établissement de deux autres camps à proximité suit : Saint-Cyprien et Barcarès. Pas de baraquement, de latrines, de cuisine, d'infirmerie ni même d'électricité. Partout la dysenterie sévit. Les malades et les blessés encombrent très vite les hôpitaux du Midi. A Argelès et Saint-Cyprien, on détient cent quatre-vingt mille hommes et femmes. Au Barcarès, on en incarcère soixante-dix mille. Ces camps se multiplient, et il faut y adjoindre ceux de Bram et de Gurs, l'un des derniers aménagés où « séjournèrent », comme l'indique une plaque apposée à l'entrée, « 23 000 combattants espagnols, 7 000 volontaires des Brigades internationales, 120 patriotes et résistants français, 12 860 juifs immigrés internés en mai-juin 1940, 6 500 juifs allemands du pays de Bade, 12 000 juifs arrêtés sur le sol de France par Vichy ». Ces premiers camps pour les républicains espagnols vont en effet servir pour le gouvernement de Vichy, on y enfermera les résistants, les juifs, les gitans...: notamment Rivesaltes, Gurs. Chaque jour, des gendarmes invitent les prisonniers espagnols à retourner chez eux ou à s'engager dans la Légion étrangère. Les plus chanceux, car on a faim dans les camps, servent de main-d’œuvre aux paysans de la région. Viennent ensuite les compagnies de travail obligatoire, puis après juin 1940 Vichy les cède aux allemands qui ont besoin de travailleurs. On en déporte une partie en Allemagne, vers des camps d'une autre nature, vers l'holocauste : Dachau, Buchenwald et Mathausen, où six mille sept cents Espagnols périrent. À la déclaration de la guerre, de nombreux Espagnols, qui ont encore le goût amer de la défaite en Espagne, s'engagent dans les Régiments de Marche des Volontaires Étrangers ou la Légion Etrangère.

mardi 15 janvier 2008

REPORTAGE A BARCELONE

Les fusillés de Barcelone
El Fossar de la Pedrera... Tout en haut du magnifique cimetière de Montjuich à Barcelone, une fosse commune de 28 m de haut (cadavres et remblais), constituée à partir de 1939. Estimation : 32 000 à 35 000 cadavres, la plupart : des indigents et aussi ...des milliers de fusillés par Franco.
Reportage photographique réalisé en juillet 2004 par Henri Farreny del Bosque - Volume total des fichiers images : environ 1 MO

1939, Franco a gagné la guerre...
la répression - féroce - commence.
"L'été 1939 fut la fête des informateurs, des revanchards et des assoifés de sang" (Hugh Thomas - La Guerre d'Espagne - R. Laffont).
"Les procès se succèdent à longueur de journée à un rythme tel que je les qualifierais pratiquement de sommaires. Il y a encore un grand nombre d'exécutions. Rien qu'à Madrid, entre 200 et 250 par jour, à Barcelone 150, et à Séville 80" (témoignage rapporté par Hugh Thomas)
A Barcelone, beaucoup d'exécutions avaient lieu
sur la plage au sinistre Camp de la Bota.
Estimation de l'historien Josep Maria Solé Sabaté : 1689 fusillés dans ce seul camp. Les dernières exécutions au Camp de la Bota eurent lieu le 14 mars 1952, soit treize ans après la fin de la guerre civile ! (*)

Montjuic
Epitaphe
Aux immolés pour la liberté en Catalogne
. Vous étiez le souffle, désormais vous êtes sous la terre irriguée par votre noble sang.
Honte inutile à ceux qui vous assassinèrent car la justice triomphera.

Montjuic
L'Amicale de Catalogne des Anciens Guérilleros à la mémoire de tous les guérilleros morts, partout en Catalogne, en combattant pour la liberté (1939-1955) - Note : cette amicale regroupe des guérilleros ayant aussi combattu en France contre les nazis. Sur la photo, à droite, Luis Bielsa Martí, un des responsables de cette Amicale, également président de l'association Ex Presos Politics - (anciens prisonniers politiques) au côté de Enric Farreny i Carbona, ancien soldat républicain.
Fossar de la Pedrera - Barcelona
Vue aérienne du Vue aérienne du


CONSTITUTION DE 1931

ANGOULEME LE 19 janvier

LA TRAGEDIE DES RÉPUBLICAINS ESPAGNOLS DÉPORTÉS EN ALLEMAGNE
Le
A LA MEMOIRE DES REPUBLICAINS ESPAGNOLS DU "CONVOI DES 927"
Samedi 19 janvier 2008 à 10h30, nous procèderons, avec l’autorisation et la participation de la Mairie d’Angoulême, à l’inauguration d’une stèle en granit du Tarn de 1,60 m de haut, 1 m de large, de forme plate sur le devant et brute sur la partie arrière.
Cette stèle sera implantée à un endroit symbolique : la gare d’Angoulême.
L’emplacement exact se situera à l’avenue Gambetta, grande artère très passante et qui est le passage obligé des personnes qui arrivent du nord d’Angoulême, pour atteindre le centre ville.
L’inauguration aura lieu en présence des autorités politiques du département et de la région. Sont invités :
Le préfet, le maire d’Angoulême, la présidente de la Région, le président du conseil général, le président de la communauté de communes COMAGA, les députés, les associations de déportés et des anciens combattants etc…..
Egalement invités, les autorités espagnoles, le chef du gouvernement, M. José Luis Rodriguez Zapatero, l’Ambassadeur d’Espagne à Paris, le Consul de Bordeaux, les présidents de régions espagnoles…
Nous espérons la venue de survivants de ce convoi.
Nous pensons faire une petite fête après l’inauguration en présence des adhérents de l’association et de nos anciens.
Nous pouvons imaginer, également, de refaire une séance de cinéma et débat avec le film de Montse Armengou « El convoy de los 927 »
Par contre, notre association, qui finance toute seule la mise en place de cette stèle et ses frais y afférent, n’a hélas pas les moyens de financer les déplacements et les hébergements des éventuels visiteurs.
Signé : APFEEF Asociacion de los Españoles de Angulema

TEXTO DE LA ESTELA (texte de la stèle)

EL 20 DE AGOSTO DE 1940, SALIO DE ESTA ESTACION DE ANGULEMA
HACIA EL CAMPO DE EXTERMINIO DE MAUTHAUSEN,


EL PRIMER TREN DE DEPORTADOS DE LA SEGUNDA GUERRA MUNDIAL.

EN EL IBAN 927 RÉPUBLICANOS ESPAñOLES.

LA MAYORIA SERAN EXTERMINADOS

UN VERDADERO CRIMEN CONTRA LA HUMANIDAD

NO OLVIDEMOS

1940 !a
Inauguration d'une stèle le 19 janvier 2008 :

Tous les passagers étaient des républicains espagnols, aucun n'était juif.
Ce fut le premier train de civils envoyés dans les camps nazis.

Le convoi des 927

Le long périple qui amena Jesús Tello à abattre la statue d'aigle qui surmontait, menaçante, la porte d'entrée du camp de concentration de Mauthausen, a pour point de départ la ville française d'Angoulême. C'est d'ici que partit un convoi de 927 espagnols. Il s'agissait de familles entières, civils réfugiés en France pour échapper à Franco. Ce furent eux qui inaugurèrent, le 20 août 1940, les trains de la mort vers un camp de concentration nazi. On associe presque automatiquement ces trains à l'holocauste des juifs. Pourtant, en Europe occidentale, ce sont les républicains espagnols qui ont le triste honneur d'en être les premiers voyageurs.

Or, en Espagne, aucun monument n'honore cette mémoire et la conscience d'avoir eu ce macabre privilège historique. Voici donc cette histoire, alors qu'on célèbre le 60e anniversaire de la fin de la 2e Guerre Mondiale et la Libération des camps d'extermination.

Jesus Tello et sa famille, comme beaucoup d'autres fuyant la chute de la République, franchirent la frontière française et arrivèrent à Angoulême. À la déception due au mauvais accueil rencontré en France - les Espagnols étaient considérés comme des rouges indésirables - s'ajoutait la crainte consécutive à l'invasion nazie. Angoulême se trouvait en zone occupée, sous l'autorité du gouvernement collaborateur de Vichy. "Un beau jour, les allemands ont encerclé le domaine des Alliers, où nous étions réfugiés, et ils nous ont mis dans un train", se souvient Tello. 927 Espagnols, des familles entières, femmes, enfants, personnes, population civile incontestablement réfugiée, sont mis dans ce train. Aucune explication, seulement des rumeurs. Certaines pensent qu'on va les conduire en zone libre, d'autres en Russie. Mais tous ont peur : les renvoie-t-on en Espagne, où la justice de Franco les attend avec au bout la prison ou la fusillade ?

Par les étroites fentes du train où on les a jetés comme des animaux, quasiment sans eau ni nourriture, ils réalisent qu'on les dirige vers le nord. "Dès le même moment où ils t'enfermaient dans le wagon du train, tu perdais ton identité, tu n'étais déjà plus libre. Ils faisaient de toi ce qu'ils voulaient, tu n'avais plus de nom, tu étais devenu un numéro ". Et le 24 août, après quatre jours d'un voyage épuisant, le train s'arrête en gare d'un bourg qui s'appelle Mauthausen. Le nom ne dit rien à personne. Nous sommes seulement en 1940, la renommée de ce qui sera considéré comme un des camps les plus cruels du système de concentration et d'extermination nazi était encore inconnue.

Aujourd'hui encore, Tello se souvient du bruit des serrures et des portes des wagons qui s'ouvraient. Et puis les cris, ceux des SS et les aboiements de leurs chiens. "Ils allaient de wagon en wagon demander : wie alt, wie alt, ce qui veut dire : quel âge as-tu ?. A celui qui avait plus de 10 ans ils disaient, raus, raus, et ils nous sortaient du train. Tu ne pouvais même pas dire adieu à ta famille ".

Les scènes qui se produisent dans cette gare sont terribles. Femmes accrochées à leurs maris, à leurs enfants, brutalement séparés. Aucune supplique n'est écoutée. 470 personnes, hommes et presqu'enfants, prennent le chemin de leur propre tragédie. En quelques heures ils sont dévêtus, puis douchés, on leur rase la tête, on leur donne un habit rayé, un numéro - celui de Tello était le 384142- avec un triangle bleu avec un grand S signifiant "spaniers" (ce triangle bleu identifiait les apatrides), ceux qui ont été vendus par le régime de Franco et son ineffable ministre des Affaires Etrangères, Ramón Serrano Súñer. Ce dernier avait dit à Hitler qu'il pouvait faire ce qu'il voulait de ces rouges, la nouvelle Patrie ne les considèrant pas comme étant Espagnols. Les dés étaient jetés : la carrière de Mauthausen a grand besoin d'esclaves pour la construction de ce camp et de bien d'autres.