A tous les enfants et petits enfants des combattants de l'armée de la République Espagnole,et des forces antifacistes:
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Francs Maçons,
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LA "RETIRADA"

LA "RETIRADA"
Ils étaient parmis eux...

mercredi 4 avril 2012

Evènements d’une famille andalouse suite à la guerre civile 1936 1939

QUE LA COMPATRIOTE QUI M'A FAIT PARVENIR CE TEXTE SE MANIFESTE, J'AI EGARE SES COORDONNEES

La guerre d'Espagne (également souvent désignée sous le nom de guerre civile espagnole ou moins fréquemment de révolution espagnole est un conflit qui opposa, en Espagne, le camp des « nationalistes » à celui des « républicains » réunissant, parfois avec de vives tensions, communistes, socialistes, républicains et anarchistes. Elle se déroula de juillet 1936 à avril 1939 et s'acheva par la défaite des républicains et l'établissement de la dictature de Francisco Franco, qui conserva le pouvoir absolu jusqu'à sa mort en 1975. (Définition Wikipédia)
Voici l’histoire d’un couple espagnol qui a fuit les atrocités de la guerre civile pour rejoindre la France Histoire de la famille Rueda expliquée par leur fils Antonio Manuel Ruéda pendant son service militaire, avant la guerre civile 1936 à Ronda la Vieja le trouble arrive Manuel Rueda et Encarnatiôn Moncayo vivaient comme paysan sur un lopin de terre loué en Andalousie, à Ronda la Vieja. Ils avaient 2
filles, Maria 27 mois et Anne quelques jours.
La République en place n’avait pas produit ses effets que mes parents virent arriver des soldats, maures au début, puis espagnols ensuite, ceux-ci semant le trouble dans les villages et les villes (Interdiction de se déplacer, pas d’approvisionnements, règlement de comptes, exactions.)
La résistance se met en place Mon père décida de lutter pour sauver la République en se cachant dans les montagnes avec d’autres, pendant quelques semaines, et en rejoignant le front, plus organisé.Manuel Rueda tenant dans ses bras sa fille Anne Pendant la guerre, à Madrid. A droite, un frère qui disparaîtra dans les combats L’exode Ils furent contraints de remonter l’Espagne au fur et à mesure que les troupes franquistes avançaient. 
Des milliers de civils, femmes, homes enfants remontaient en parallèle à pieds. Une nuit en traversant le fleuve « Tajo » le long d’une corde tendue, mon père fut transpercé par une balle explosive. A l’aube une barque le transporta sur l’autre rive où il fut évacué, vidé de son sang à l’hôpital. Le bouche à oreille ayant bien fonctionné, ma mère arriva sur les lieux et donna une boîte à sucre pleine de pièces d’or (trouvée par hasard dans un jardin) au chirurgien qui sauva mon père en le prenant en urgence. Avant sa complète guérison, Manuel dut partir, les troupes de Franco arrivant sur les lieux. 

Périple de Manuel et Encarnatiôn de 1936 à 1940 Entre Ronda (Andalousie) et La Chapelle-aux-Choux (Sarthe)
Manuel Rueda, Encarnaciôn Moncayo son épouse, et leur fille Anne, lorsqu’ils se sont revus près de
Madrid en 1937 Arrivée en France des Républicains.Il passa la frontière française sans qu’on ne lui demande rien et fut dirigé dans un camp à Barcarès.Il resta dans ce camp de réfugiés jusqu’au moment où la France était embarrassée avec tous ces hommes, à l’approche des évènements de 40.On lui demanda s’il voulait faire du bois, il accepta et fut envoyé avec d’autres, à Poitiers pour faire du bois de charbon, puis à La Chapelle-aux-Choux (Sarthe) pour abattre du bois de mine .A la Chapelle-aux-Choux, une petite maison de campagne d’une pièce, avec un puits et une cheminée les attendait.Le comble !!! Ma mère fut obligée de demander à manger pour sa fille à un garde franquiste qui revint avec un œuf, en pleurant.
Elle est restée dans un train immobile, sans nourriture sans sortir pendant 15 jours avec ma sœur Anne, au milieu de personnes mortes d’épuisement (enfants et personnes âgées) Celle-ci a sauté dans un bateau anglais en partance de Valence avec Anne, puis est restée cachée 15 jours en mer, sous la menace d’avions. Elle a vu le massacre de civils à l’arme blanche.Pour les adultes ce fut infernal. Alors, imaginez pour les enfants comme ma sœur qui avait 1 mois au début du conflit et 3 ans à la fin. Peu d’enfants ont survécu à cause de la famine et des maladies.
A l’arrivée en France, maman et ma sœur furent dirigées sur les Arcs (Var) pour se retaper. Ensuite, se fut la caserne de Draguignan pour un traitement sévère de poux (caserne où 20 ans après pour effectuer mon service militaire. Quelle coïncidence)
 L’exode des civils Pour ma mère Encarnatiôn, avec ses 2 filles sous le bras, Anne 1 mois, Maria 27 mois, l’exode fut un calvaire de 3 ans ;pas de nourriture, pas d’argent. Elle perdit Maria au cours d’une débâcle à Almuñécar. Une nuit, sur l’unique route longeant la mer et la montagne, la lumière s’éteignit, puis, ce fut le massacre, les bateaux bombardaient, les soldats descendaient de la montagne en tirant sur tous. Ma mère dit à son frère Rafaël, qui avait 14 ans de prendre l’aînée et de courir.
Rafaël fut blessé et perdit la garde de la petite fille. Le endemain, il n’était pas question de revenir en arrière.« Il fallait toujours aller de l’avant pour sauver sa vie » La famine était là.Annonce dans un journal espagnol pour retrouver Maria Camp de Barcarès Organisé sur la plage en février 1939, il abritait au 10 mars 77 000 réfugiés dont un grand nombre de membres des Brigades Internationales.Des baraques sommairement construites étaient censées fournir un abri à ces malheureux. Le camp était entouré sur trois côtés d'une rangée de barbelés. Encarnación Rueda Moncayo, en France avec sa fille Anne Les retrouvailles en France après 4 ans.En 1940, ma mère fut dirigée avec ma sœur où se trouvait mon père, c’est-à-dire à la Chapelle-auxChoux. Mon père était bucheron avec un groupe d’espagnols. Ma mère et ma sœur sont arrivées dans ce village de 400 habitants dans un train de marchandise dans la cabine de la locomotive, à côté du chauffeur. La commune fut prévenue et l’accueil fut mémorable.Une seconde chance se profilait avec ma naissance le 28 mai 1941 !La population nous aida beaucoup. Mes parents ont beaucoup travaillé pour s’en sortir et s’intégrer en demandant la naturalisation lorsque j’ai eu 14 ans. Ma sœur Anne fit des recherches pour retrouver Maria qui a été élevée par une famille à Motril.Le frère de maman, Rafaël, a vécu à Carcassonne où il s’est marié.

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